Les violences faites aux enfants
Au-delà des effets sur leur psychisme, les violences faites aux enfants, qu’elle soient verbales, physiques ou sexuelles, s’inscrivent au plus profond d’eux-mêmes, dans leur corps, leur cerveau, leurs gènes.
Accueillir les émotions de l’enfant fait partie de son éducation



Avant 5 ans, le cerveau émotionnel domine.
Le cortex préfrontal, qui contribue à la régulation des émotions et comportements, n’est pas mature. C’est la raison pour laquelle l’enfant a du mal à réguler seul ses colères et peurs.
Il est important que les adultes qui entourent l’enfant l’aident à s’apaiser, en régulant eux-mêmes leurs émotions.
Le fait de réconforter un enfant et d’accueillir ses émotions avec bienveillance aide l’enfant à développer son cortex préfrontal et donc à mieux réguler ses émotions au fil du temps.
Les violences faites aux enfants s’inscrivent dans leur corps



Lorsque l’on punit l’enfant, que l’on crie sur lui ou qu’on l’humilie, on limite le développement de son cerveau.
Il en va de même avec les négligences ou le manque de considération à l’égard de l’enfant.
D’autres évènements adverses peuvent impacter les enfants : la maladie ou le décès d’un parent, les violences conjugales, le harcèlement, les violences communautaires.
Si l’enfant est soumis à un stress quotidien, s’il se sent en insécurité ou est exposé à des violences, son cerveau produit en grande quantité des hormones de stress qui limitent la capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions neuronales* et peuvent aller jusqu’à détruire les neurones (perte de la matière grise et blanche au niveau du cortex préfrontal).
Le cerveau de l’enfant peut alors encore moins réguler les émotions de peur, d’angoisse.
Ces évènements ont un impact négatif sur les capacités intellectuelles, la mémoire, le temps de traitement de l’information. Le cerveau est d’abord orienté vers l’adaptation aux situations difficiles et à la survie. Apprendre nécessite de se sentir en sécurité.



Selon plusieurs études, plus on est confronté à de l’adversité durant l’enfance et à l’adolescence, plus on risque de développer certaines maladies à l’âge adulte :
dépression, tabagisme, obésité, suicide, problèmes cardiaques et respiratoires.
Le stress chronique dans l’enfance peut aller jusqu’à modifier l’expression de nos gènes et notamment rendre inactif des gènes qui permettent de réguler les hormones de stress. Le gène ne fonctionne plus à l’adolescence ou à l’âge adulte.
Cette inactivation du gène peut se transmettre sur 3 générations.
Ainsi, des situations d’inceste engendrent chez l’enfant un stress immense dont les traces se transmettent de génération en génération.
<< L’adversité laisse une cicatrice moléculaire >>, selon le Pr Tarquinio
Bien sûr, il est possible pour l’enfant de trouver des ressources dans son environnement et de traverser ces épreuves.
Et à l’inverse, ces gènes redeviennent actifs, lorsque l’environnement de la personne est favorable.
*avec des filets périneuronaux qui entourent les neurones pour les protéger du stress mais limitent leur plasticité, leur capacité à rentrer en connexion les uns avec les autres.
Source : conférence AFTD, juillet 2022, Pr Cyril Tarquinio, psychologue clinicien et psychothérapeute, Professeur à l’Université de Lorraine, fondateur du centre Pierre Janet
Aider les enfants à comprendre les violences et leurs effets
La brochure « Quand on te fait du mal » : Cette brochure mise en ligne gratuitement par ces auteurs, le docteur Muriel Salmona et Sokhna Fall, illustrée par Claude Ponti, explique aux enfants les différentes formes de violences et les effets qu’elles ont sur eux. Cliquez sur l’image pour télécharger la brochure en pdf :
Les droits des enfants en images
Les affiches d’Elise Gravel
Certaines affiches d’Elise Gravel sont libres de droits : vous pouvez vous rendre sur son site pour les imprimer. Cliquez ici
Comment aider les enfants à se remettre d’un moment traumatisant ?
Ce guide publié par le Child Mind Institute propose quelques repères essentiels pour accompagner les enfants après un évènement traumatisant.
Parents, enseignants, proches de l’enfant, votre qualité de présence auprès de l’enfant participera de son rétablissement. La qualité du lien est une formidable protection lorsque l’on vit un évènement douloureux ou effrayant.